FABRICATION.
dimanche, septembre 06, 2009
vendredi, août 07, 2009
LE PLAFOND DU TGV.
En première classe, le plafond du wagon d'étage est recouvert de moquette, pour que nous puissions tous marcher dessus et que cela nous soit agréable, dans le cas d'un déraillement/chavirement. Ce plafond en moquette est bicolore, gris clair et rouge, le rouge utilisé en bande centrale, surplombant le couloir, le gris les places assises. On (j') imagine que le choix de cette couleur — un peu passée, il est vrai — rouge, pour cette bande centrale n'est pas anodin, motivé par une connaissance des théories de la couleur dérivées des travaux de J. Itten. Le plafond rouge l'est sans doute pour inciter les voyageurs à ne passer que le minimum de temps debout, dans l'allée centrale et à rester assis bien sagement, sous la protection du gris (chiné), dans leur fauteuil gris (rayé). Mais les choses se compliquent un peu si l'on regarde la “taie” sur laquelle on laisse reposer sa tête ; elle est rouge, du même rouge (un peu plus vif même) que celui du plafond confortable pour les pieds mais anxiogène. L'on se sent alors invité à quitter rapidement son siège — bien avant d'être arrivé — mais sans stationner dans l'allée centrale qui nous répète son désir de nous voir circuler. Quelle issue ? Le bar ?
À noter que le sol est lui, uniformément rouge (moucheté) un rouge de coulée pyroclastique dans un film des Kraft.
N.B. : L'agencement des sièges étant asymétrique : un rang, une allée, deux rangs ; et la bande plafonnière parfaitemement centrée, les gens assis dans la rangée double, côté allée, doivent se sentir très très mal, cernés de rouges de toutes sortes.
BANQUE VB. PRODUITS.
Fiche.
L'objet, pièce ou billet, conçu dans le seul but de représenter “assez simplement” un nombre et uniquement ce nombre — qui devient sa valeur marchande quand il est vendu — prend vie à cet instant précis, cette valeur devenant infiniment fluctuante et le nombre initial, un souvenir. Presque un humain.
mercredi, juin 10, 2009
CETTE PETITE ROBE BLANCHE
“La mode : Monseigneur la mort ! Monseigneur la mort !”
Leopardi. Dialogue de la mort et de la mode,
(Cité par W. Benjamin, Paris Capitale du 19e siècle).
J'ai cessé progressivement de m'habiller exclusivement en noir après l'enterrement de L.. Le noir a, ce jour-là perdu pas mal de son charme, se révélant — à mes yeux — très en dessous de l'événement, du travail de destruction qui s'était approché trop près de moi, tout cela dépassait une couleur trop simple, trop abstraite pour cette mort et ses ramifications insoupçonnées ; le spectacle que nous donnions à voir, tous gens des années 90 trop jeunes, toujours déjà en deuil, devenait un peu faible, un peu risible. Le reste du décor suivait, inexorablement entraîné vers la comédie, c'était ma seule défense. Le triste jardin de l'hôpital, le panneau de réservation des cours de tennis avec ses Photomatons de joueurs sous plastique comme autant d'absents, ses jeux déserts pour enfants (de) malades, la grosse voiture sombre si neuve et brillante prête à emporter ce corps que j'ai refusé de contempler sans vie ; sans pour autant échapper, des années plus tard à une description très malveillante et très juste sur les intentions de celle qui en était l'auteur.
Le noir décevant dans son inaptitude à rendre quoi que se soit de ce qui se passait là ; il aurait fallu des millions de couleurs et leurs nuances pour approcher ce qui était en jeu dans cette mort. Le noir n'était plus si beau, si élégant, il était juste ce qu'il était : facile et pratique pour peu que l'on ne soit pas trop exigeant.
À propos de la Petite Robe Noire, ce téléfim ennuyeux dans lequel on nous raconte que Coco Chanel l'invente (la P. R. N.) en signe de deuil n'arrange pas les choses ; pourquoi (continuer à ) porter le très vieux deuil de madame C. C. ?
Et s'il faut faire une robe (pourquoi faire une robe, je reviens à l'idée du paraphernalia, de l'équipement qui passe immancablement par le vêtement) et qu'elle soit portée par un corps vivant, animé, désirant, peut-être songer à une petite robe blanche jouant plus le rôle d'un cadre ou d'un rideau s'ouvrant sur une scène, une action, que celui d'une image.
Le noir annonce une cécité ; le blanc, peut être l'épiphanie, au sens Joycien, la quiddité décrits par R. B. .
samedi, mai 23, 2009
CUISINER CRUEL OU PAS.
Lapin aux carottes, non. Singe aux bananes, non plus. Préférer : lapin aux bananes, singe aux carottes, carottes aux bananes, et bien sûr, lapin au singe. L'ultime cruauté serait peut-être quand même la poule aux œufs.
mardi, octobre 28, 2008
IN ANIMO (ébauche).
Je discutais Il y a quelques temps avec Sébastien Montero des deux expériences "saisine", de leurs succès respectifs, de l'éventualité d'une clôture de Parkisland (qui apparaît finalement inutile) et d'une suite possible.
La première saisine, qui proposait un espace - la librairie de L'atelier - extrêmement contraignant, mais lié directement à la pratique artistique (c'était un des points de départ de l'expérience, c.f. le texte d'introduction de S. M.. L'espace étant structuré malgré tout comme une petite galerie ou un mini musée dans lequel les expositions (ventes) s'enrayonneraient au lieu de se succéder, l'affaire avait plutôt très bien marché, et trouvé des ramifications assez inattendues (pour moi en tout cas : je veux parler du rebondissement redoublement saisine 2).
La deuxième - Parkisland - usure ou je ne sais quoi, a suscité des participations beaucoup moins nombreuses, mais qui m'ont semblé peut-être plus développées (je ne parle pas ici de qualité mais de mouvements plus ou moins amples), dont certaines continuent de se déployer, tandis que d'autres sont encore à venir, comme si la première avait été (d'une manière certaine pour moi) un rodage. Les interventions n'était plus liées à un calendrier, non rythmées, ni au respect de l'hospitalité (la librairie n'était pas la nôtre mais notre hôte), alors que le Parkisland offrait un espace assez libre et assez lâche, moins réglementé, ou en tout cas différemment ; immense, et moins évidemment lié à la pratique artistique (exception faite pour le fauviste que je vois presque chaque dimanche avec son petit chevalet et sa bâche de protection contre la pluie).
Que faire après Parkisland, la question était latente, je crois, depuis le début de l'été. Il m'a semblé que se soucier de questions directement liées à un nouveau lieu pouvait vite devenir lassant ; que l'on pouvait revenir à d'autres questions (c.f. Saisine 1) sur la manière d'envisager le travail, la production, l'objet, tout ça (questions qui in fine, ne déjouent pas vraiment celle du lieu). J'ai pensé au cerveau, (le super-lieu qui contient tous les autres), au cerveau d'une personne qui deviendrait le lieu où serait produit le travail de chacun des intervenants. L'idée n'étant pas que le cerveau de cette personne enregistre un certain nombre de travaux comme cela se passerait lors de la visite plus ou moins attentive d'une exposition, mais plutôt qu'un travail soit défini principalement par ce qui prendra place dans le dit cerveau, que ce cerveau soit son unique résidence, et sa seule justification.
Reste à savoir quel cerveau accueillera l'expérience, sachant que ce sera nécessairement un autre que le mien. Quelqu'un qui se trouve à la fois dans et hors du groupe, j'entends par groupe les gens qui en lisant ce texte savent déjà qu'ils en font partie, ainsi que la personne qui occupe cette position particulière.
En résumé, le cerveau d'E.H. puisque c'est d'elle qu'il s'agit, se comporterait — il me semble — davantage comme un atelier vivant, là où les choses se fabriquent, se livrent (et se détruisent) que comme un musée (vivant).
vendredi, octobre 17, 2008

Je crois que ça marche un peu comme ça :
Imaginer que vous entrez dans une pièce sombre, il n'y a que vous et un interrupteur sur la droite, à peine visible, vous l'actionnez, cette fois c'est le noir total. (Si vous essayez d'actionner à nouveau l'interrupteur, il ne se passera rien).
OU
Imaginer que vous entrez dans une pièce très bien éclairée, nue, il n'y a que vous et cet interrupteur sur la droite, on ne voit que ça. Parce qu'il n'y a rien d'autre à faire, vous l'actionnez, cette fois la lumière devient si forte que vous êtes aveuglé, vous cherchez la sortie à tâtons. (Si vous essayez d'actionner à nouveau l'interrupteur, il ne se passera rien).
mardi, septembre 02, 2008
Adiscentionel :
L'exact envers d'un raz de marée politique, non niveau sensationnel du dissensus.
(Facile comme du parachute ascensionnel mais au ras de l’eau).
(Mot de Sébastien Montero)
(Facile comme du parachute ascensionnel mais au ras de l’eau).
(Mot de Sébastien Montero)
dimanche, avril 06, 2008
BANQUE VB. MONNAIE/COLLECTION : 1394.
1 (noir) + 5 (taupe sanglante) + 8 (rose pâle) + 10 (vert) + 50 (rose) + 20 (jaune) + 100 (noir) + 500 (cyan) + 800 (rouge) = 1394
Pmma, dimensions variables.
samedi, avril 05, 2008
ACQUISITION/VENTE. BVB.
Stéphanie Soudrain, artiste, a acquis le 2 avril 2008, des billets de la Banque Vincent Bergerat, ce pour la somme de vingt-quatre Euros se divisant comme suit :
1 billet de 1
1 billet de 8
1 billet de 5
1 billet de 10.
À noter que dans la scène photographiée ci-dessus, le rôle du banquier est tenu par Alexandra Compain-Tissier, également artiste (elle porte une montre à bracelet de cuir qui peut rappeler certaines montres de prix, notamment la Daytona Paul Newman ). Stéphanie Soudrain joue son propre rôle.
lundi, mars 17, 2008
Poisson-Volant
Si le rêve était un Indien qui devait se choisir un nom de guerre, ce serait Poisson-Volant.
(Poisson volant (Flying Fish) de Herbert James Draper, 1910)
mercredi, mars 12, 2008
ATUNING/ retrancher
Puisque le tuning — qui s'exposa régulièrement d'articles en séries de mode dans les pages de ce magazine anglais disparu, The Face (n'est-ce pas dans ses pages que fut inventé en 1981 le tuning typographique ?) — n'est plus ce qu'il était, puisque l'esthétique tuning a enfin envahi un peu tout; peut-être envisager l'Atuning, à coups de cutter, de papier de verre, de marteaux s'il le faut pour effacer, retrancher, rendre rugueux. J'en ai fait l'expérience cet après-midi avec une paire de Baskets flambant neuves, c'est assez concluant. Plus Nirvana que ZZ-top.
L'apparition massive de ces nouveaux vélos inspirés des vélos de piste, réduisant au strict minimum l'idée de ce que cet objet peut être introduit je crois une pratique de tuning radicalement retranchant, cette fois le rugueux n'est plus de mise, on lisse (et chrome parfois) on amenuise en vue d'une disparition prochaine.
dimanche, janvier 20, 2008
PUCE.
Je crois me souvenir avoir lu, il y a très longtemps que l'un des personnages d'Ulysse de Joyce porte des gants de couleur puce. J'ai à l'époque imaginé une couleur qui vienne préciser l'expression, sans chercher plus loin. Depuis, puce est pour moi une couleur particulière, née de ce livre ; que je trouve à la fois belle et classique, une couleur dont je ne me lasse pas, qui conviendrait parfaitement pour une voiture de luxe, par exemple, mais seulement en mat. Je me suis contenté d'acheter il y a quelques semaines, une paire de gants de cuir de cette couleur, la seule couleur possible pour des gants ; les autres gants exposés dans la vitrine du gantier étant trop clairs ou trop sombres, trop saturés, trop voyants ou trop discrets.
Rien à voir avec la couleur puce telle qu'elle est habituellement décrite : Marron rouge, chair de boudin noir, ou quelquechose d'aprochant. Ma couleur puce, c'est taupe au lait, ou beurre de taupe.
jeudi, novembre 01, 2007
Romanticalement.
Tenir debout malgré une situation météorologique particulièrement tourmentée.
Ex : Il se promenait romanticalement en pleine tempête.
Boîte calmante.
Imaginez-vous en situation de stress intense, une fin de dimanche pluvieux, par exemple. Vous avez besoin d'un calmant, vous saisissez l'étuit en feutre puce, vous désserrez le cordon tressé luisant, c'est facile. Maintenant vous sortez la boîte qui contient les cachets à libération prolongée. Nul besoin de l'ouvrir ; le simple fait de manipuler la boîte vous captive, absorbe rapidement votre angoisse, vous la retournez trois ou quatre fois, renoncez à la lecture des trois lignes sur la tranche (typographie verte sur fond blanc, trop petite pour vos yeux, il fut un temps où vous les connaissiez par cœur, mais les noms de molécules ne sont pas votre spécialité), vous appréciez le degré d'usure des angles, le carton gris clair pelluche discrêtement ; quelques rides à peine visibles sur le rabat. Vous êtes calmé, vous tenez la boîte sous la paume de votre main détendue jusqu'au matin.
dimanche, septembre 30, 2007
lundi, juin 25, 2007
La ferme chocolat.
Mr Richard Spiegelmeier, habitant de Gland (canton de Vaud) trouvait que le goût du lait que produisaient ses vaches était finalement un peu fade, soupçonnant par là que ses vaches s'ennuyaient à manger toujours la même herbe, au bord du même sentier des Toblerones, (ligne de défense anti-chars nommée ainsi à cause de la forme triangulaire des blocs de béton, rappelant la barre Toblerone). Il décide, sans doute inspiré par ces mêmes blocs de béton, de varier le menu de ses vaches en y ajoutant du chocolat (suisse) sous forme de petites pyramides distribuées chaque soir à l'étable.
Devant le succès de l'expérience et l'enthousiasme des croqueraves (habitants de Gland), notament l'ex-empereur Charles 1er d’Autriche-Hongrie lui-même, qui le fournissait gracieusement en chocolat, il va plus loin, et crée pour chaque étable (Six, au total) un menu différent, ici banane, là fraise, un peu plus loin, ananas, avocat et même cranberry. La totalité de sa production est aujourd'hui consommée par les croqueraves, qui se gardent bien d'exporter ces merveilles lactées.
jeudi, mai 24, 2007
La présence augmentée.
(A propos de Salade d’oiseaux mystère, une exposition de Vincent Bergerat.)
Dans une espèce de fouillis végétal, des créatures émergent par intermittence. Le regard les cherche sous le feuillage, tantôt dérouté par leur comportement énigmatique, tantôt inquiet de leur disparition. Parfois, le feuillage donne l’impression de devenir lui-même une créature qui absorbe et qui rejette tour à tour de minuscules êtres humains. L’attention oscille et hésite : doit-elle suivre le mouvement des petites créatures qui apparaissent ou celui de la végétation qui les cache ?
La vidéo "Salade d’oiseaux mystère" ne fait pas que cohabiter avec une demi douzaine de ses œuvres, elle absorbe les sujets que Vincent Bergerat aime particulièrement travailler et qui sont traités dans chacune des pièces de cette exposition : le souvenir, l’oubli, la présence. Et parce qu’il pense qu’une idée ne va jamais seule, pure, isolée, mais qu’au contraire une idée abrite non seulement du composite, mais appâte toujours d’autres idées qui elles-mêmes rassemblent des choses disparates, il ne faut pas s’étonner qu’il ait appelé tout cela salade.
Vincent Bergerat cherche. Il cherche une forme perdue ou un fantôme dans une forme, il cherche la forme d’un moment insaisissable, le moment de l’effusion. Il cherche à fixer la forme de ce moment qui apparaît presque miraculeusement dans des choses apparemment sans rapport les unes avec les autres, par exemple dans cette cascade ou dans ces portraits de femmes aux cheveux si longs. Il cherche des révélations et puis aussi, il cherche à fixer ces révélations — ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Il fait les deux à la fois et il a besoin de la répétition et de l’excès pour cela, pour que ce qui lui a été révélé si fugitivement dure, s’installe, s’étale jusqu’à déborder.
Avec les images des femmes aux cheveux longs, il fait déborder la présence. Des cheveux longs peuvent sublimer la présence d’une femme, comme un écrin, mais poussé à l’extrême ce principe bascule et c’est l’inverse qui apparaît : les cheveux interminables fabriquent une nouvelle présence, la présence spéciale de l’effusion, et cette présence est dérangeante parce qu’elle n’est pas faite pour être regardée indéfiniment ainsi mais seulement entraperçue. L’artiste signale ici la dialectique tragique de la présence : à force d’augmenter, la présence finit par se cacher derrière elle-même.
Enfin, avec ses sculptures en huîtres, Vincent Bergerat désire témoigner de son intérêt pour l’oubli. L’oubli non pas comme une disparition, mais comme un processus d’altération matérielle de la présence ou du souvenir. Il s’inspire de la façon dont l’huître travaille l’oubli, quand elle enveloppe de milliers de couches de nacre le grain de sable qui la perturbe. Le grain ne disparaît pas, au contraire, il grossit à mesure que l’huître fait de cette perturbation un élément de sa propre matière en l’incorporant en elle. Avec Miette, Museau et Casque, ses sculptures réalisées en coquilles d’huîtres (autrement dit en souvenirs d’huîtres), l’artiste suscite une question un peu effrontée : si le devoir de mémoire existe, pourquoi ne pas défendre aussi le travail de l’oubli ?
E.H.
mardi, mai 22, 2007
Inscription à :
Articles (Atom)



