FABRICATION.

vendredi, février 23, 2007

ART & COMMERCE.

PREMIÈRE TRANSACTION.

Alexandra Compain-Tissier, artiste, s'est portée acquéreuse de billets de la banque Vincent Bergerat pour une somme de vingt euros. Lui ont été remis : un billet de dix, un billet de 8 et deux billets de 1.



Photo, Agnès Dahan.


DEUXIÈME TRANSACTION. (TROC).

Delphine André, galeriste, a troqué un morceau de Salers (environs 150 grammes) acheté chez "Les secrets de Betty" fromager à Toulouse, contre un billet de 10 de la Banque Vincent Bergerat.



Photo, Hubert Benita.

dimanche, février 18, 2007

ART & COMMERCE. BANQUE VINCENT BERGERAT.

UNE BANQUE, puis une monnaie (papier) :
Focalisée sur la seule question véritablement importante : combien ? (et non pas, un Renaissance (50 €) ou un baroque et rococo, (100 €). Question camouflée par les monnaies en cours qui tentent toujours de se faire passer pour des séries de mauvais petits tableaux (petites icônes) en papier plus ou moins indéchirable.

Chaque série émise porte un chiffre : 1, 5, 8, 10, 20, 50, 100, 500, 800 ; ainsi que le nom de la banque (mon nom), bien que cela ne soit pas strictement nécessaire. Pas de nom de monnaie, bien entendu.

La question de l'assimilation à (l'art de) la miniature étant évacuée, le billet est considéré comme une œuvre d'art sur décision du banquier.

Racourci.
L'argent ne sert plus à acheter une œure d'art, il est une œuvre d'art.

Visibilité / exposition.
L'Ostentation de cette monnaie et des cartes de la banque Vincent Bergerat est (tout comme pour les autres monnaies), perçu comme un acte vulgaire par ceux qui en possèdent et souhaitable par ceux qui n'en possèdent pas ou depuis peu.

Contrefaçon :
Une goutte de (ma) salive est déposée sur chaque billet.

Un double système de valeur :
(à ce propos, il est amusant de constater qu'une contrefaçon d'un billet de 50 francs (Quentin de la Tour de 1983 neuf, est proposé à 60€ sur un site français de numismatique).

a) La valeur nominale indiquée sur son unique face imprimée, contre laquelle il est échangé et reste échangeable* en euros, dollars, ou livres sterling, peu importe.

b) La valeur d'échange sur le marché de l'art, qui varie comme chacun sait en fonction de facteurs multiples.


* Chaque personne se procurant l'un ou plusieurs de ces billets s'engage tacitement à ne jamais réclamer la somme versée.










mardi, janvier 16, 2007

La gratterie.

Instance de pensée qui démange. Cette instance coexiste avec les autres instances de pensée de la vie ordinaire et extraordinaire, communiquant parfois avec elles, cherchant désespérément qu'on la gratte, qu'on la soulage par un frottement résolutoire. C'est l'instance des questions, des énigmes, des problèmes.
Cf Artaud, (L'Ombilic des Limbes) : "La vie est de brûler des questions."

jeudi, janvier 11, 2007

Fractale de Proust. Espaces emboités.

"Nous fîmes quelques pas à pied, sous la grotte verdâtre, quasi sous-marine d'une épaisse futaie sur le dôme de laquelle nous entendions déferler le vent et éclabousser la pluie. J'écrasai par terre des feuilles mortes qui s'enfonçaient dans le sol comme des coquillages, et je poussais de ma canne des chataîgnes, piquantes comme des oursins".

Deux espaces emboités, de forme identique, soumis à des pressions similaires. L'immense dôme végétal (la futaie) sur lequel viennent déferler vent et pluie ; le petit dôme végétal (la chataîgne, la feuille coquillage) sur lequel la canne vient exercer une pression qui lui vient du promeneur.

Le Côté de Guermantes. Marcel Proust.

vendredi, décembre 22, 2006

Tendre (possession).

D’après Otis Redding (cf. Tenderness). La possession-tendre est l’inverse d’une langueur, c’est une force qui monte des profondeurs en crescendo et qui balaie tout sur son passage, un rythme qui impulse sa propre configuration de l’existence et cette configuration est celle de la tendresse tendue — tension extrême de la corde de l’arc qui imprime sa force à la flèche.

jeudi, décembre 21, 2006

Petitpointvert.

Nouveau produit psychoactif, classé parmi les drogues dites « dures ». Gratuit et facilement accessible sur toute interface de « Chatt », ce produit est en train de faire des ravages chez les internautes. Prendre une fois du Petitpointvert suffit à générer une addiction aussi durable que profonde. De plus, un phénomène d’accoutumance est observé chez quasiment tous les sujets concernés : une fois qu’il a été exposé au Petitpointvert, le sujet a besoin de consommer plus de Petitpointvert pour se sentir rassasié. S’il n’en trouve pas, il présente les signes généralement attribués au syndrome de sevrage : nervosité, agressivité, angoisse, mal être physique et moral, insomnie, baisse d’appétit.
Un produit de substitution est actuellement à l’étude. Il s’agirait d’une interface de type « Skype » qui permettrait au sujet non plus de chatter, mais de téléphoner par le biais de son ordinateur. Des réserves doivent cependant être exprimées quant à l’utilisation de ce produit de substitution qui pourrait occasionner au moins autant de problèmes d’addiction que le Petitpointvert.

En amour/in love (problème).

Il existe une espèce de jauge sentimentale, affective, émotionnelle, qui scrute le niveau d’excitation amoureuse (non pas sexuelle mais bien sentimentale) et qui réclame du supplément quand ce niveau se retrouve en dessous du repère laissé par la dernière vague d’amour perçue. Cette dernière vague d’amour efface les repères précédents et se moque complètement de la moyenne qui pourrait être fabriquée à partir d’un historique de tous ces repères. La moyenne est invoquée par la raison, pas par la jauge. Dans ces conditions, comment maintenir la jauge au niveau désiré ? Hypothèse : en dilatant la matière qui est mesurée par la jauge, c’est à dire en l’écrivant. S’il est possible de travailler en écriture l’élasticité de certaines matières comme l'intelligence ou le temps, le problème « en amour/in love » peut sans doute lui aussi trouver une voie de résolution en écriture. Faire l’amour, écrire l’amour, faire l’écriture, relèvent alors d’une seule et même activité de mise sous tension de la matière amoureuse par l’écriture.

mercredi, décembre 20, 2006

Occupassion.

Possession par la passion. Les personnes qui se trouvent dans cet état ont l’air disponibles, mais en réalité elles sont profondément occupées. Ce n’est pas qu’elles sont préoccupées par quelque chose, c’est que quelque chose les occupe. Elles sont le lieu d’occupation de cette chose : elles ne sont jamais vraiment toutes seules, même quand elles paraissent l’être ; il y a toujours quelque chose en elles, ou entre elles et nous.

Stratogène.

Littéralement, générateur de strates. Par extension, désigne le mouvement infini de succession de couches à l’œuvre dans l’existence. Le moindre incident vécu, du plus banal au plus extraordinaire, est stratogène. Ce matin à l’aube, j’aperçois au bout de la rue une scène de fouillis, floue comme un mirage, une scène d’agression. Un petit garçon qui s’enfuit et une jeune fille à terre, agrippée au téléphone portable qui était convoité par le garçon. Quand j’arrive à sa hauteur, la jeune fille se masse la tête en me regardant, une question compliquée dans les yeux. J’inspecte sa bosse, elle me parle en russe, je lui parle en français et pendant quelques secondes nous nous retrouvons dans les bras l’une de l’autre. Une énième strate vient de se poser sur toutes celles qui me tapissent déjà, dans un rapport de co-existence interminable. J’ai quelque chose en plus et exactement en même temps, je peux sentir le minuscule point de moi qui est resté sur les pavés de la rue Polonceau, là où j’ai touché les cheveux de la jeune fille russe.

Sratajaime.

Procédé, conscient ou inconscient, heureux ou malheureux, utilisé pour ruser avec l’être aimé dans le but d’obtenir un surcroît d’amour.

dimanche, décembre 17, 2006

mardi, décembre 12, 2006

La fille de boue.

Ruisselante.

lundi, décembre 11, 2006

Penser à oublier.

Je pensais l'autre jour à un évènement qui ne figurait pas dans ma liste des choses à oublier et qui aurait pourtant dû y être, satisfait, je me suis dit qu'il y avait vraiment sa place et j'étais étonné même que l'évènement en question ne me soit pas apparu quand j'élaborais cette liste, mais bien après, quand l'attention sur le sujet s'était complètement relachée. Puis je l'ai oublié avant d'avoir eu le temps de le noter sur cette liste et depuis, impossible de m'en souvenir. Mission à demi accomplie.

Tout au long de l'écriture de ces quelques lignes, un soupçon grandissant, quelque chose qui louvoie pour émerger, repoussé sans arrêt mais qui finalement est là, le souvenir en bribes de cet évènement, confus mais présent cette fois.

jeudi, décembre 07, 2006

Paradigme de l'emprunt.

Chopin chez Jobim, L'Herbier chez Godard, Laurel et Hardy chez Paul Mac Carthy, etc… Une infinité de pages de notes en répertorient sagement chaque occurence. La seule manière cohérente de donner une définition du paradigme de l'emprunt serait de l'emprunter.

dimanche, décembre 03, 2006

William Peter Blume.

Né à Mayerling (Autriche) en 1961, avec une légère tendance à l'autisme. Poursuit sans grand enthousiasme ses études à Vienne. Passionné de natation et de Rock'n Roll, il passera les années quatre-vingt dans son lit, en hommage à John Lennon et Yoko Ono. Au début des années quatre-vingt dix, ne trouvant pas de raison valable de se lever et sur les conseils d'un ami médecin, il fait construire une piscine dans sa maison de la banlieue de Vienne et décide d'y passer le reste de sa vie, le corps enduit d'une crème spéciale. Le Docteur Muehl, spécialiste de la vie semi-aquatique et des nanocolloïdes, estime son espérance de vie à environs cinq cent ans.
Que fait-il dans son bain ? Il chantonne des mélodies de sa composition.

Penderie.

Petite pièce spécifiquement vouée au suicide.

Iscriptible.

Qualité de ce qui est récalcitrant à toute entreprise de capture par l’écriture.

Bipbipper.

Adoption d'un mode d'existence qui privilégie la vitesse et la ruse pour vaincre un prédateur plus puissant que soi.